Un droit au logement bafoué
En Guadeloupe et en Martinique, le constat est alarmant en ce 17 février 2026. Malgré les promesses gouvernementales, le mal-logement atteint des sommets. Plus de 30 000 demandes de logements sociaux sont en souffrance, tandis que l’habitat indigne gagne du terrain dans les zones périurbaines. La réforme du droit du logement, débattue actuellement au Sénat, est perçue par les élus locaux comme une réponse technocratique déconnectée des réalités insulaires. Le coût des matériaux de construction, exacerbé par les monopoles d’importation, rend l’accession à la propriété impossible pour la majorité de la jeunesse antillaise.
Le couperet budgétaire et la rigueur nationale
Le budget Outre-mer 2026 subit de plein fouet la politique de réduction des déficits publics de Paris. Les aides à la rénovation thermique et les subventions pour la mise aux normes parasismiques sont en net recul. Cette « austérité tropicale » alimente un sentiment de relégation citoyenne. Les mouvements sociaux, déjà latents, menacent d’éclater si aucune réponse concrète n’est apportée à la cherté de la vie. Le digital et la tech, bien que présentés comme des solutions de désenclavement, peinent à compenser l’absence d’une politique industrielle forte dans les territoires ultramarins.

Vers une autonomie législative ?
Face à l’impasse, le débat sur l’évolution institutionnelle des Antilles revient sur le devant de la scène. De nombreux intellectuels et politiques appellent à un transfert de compétence total en matière de logement et d’urbanisme. L’idée est d’adapter les normes hexagonales, souvent inapplicables sous les tropiques, aux contraintes géologiques et climatiques locales. La justice sociale aux Antilles passe, en 2026, par une reconnaissance de la spécificité des territoires, loin des modèles uniformisateurs.

