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L’ouverture du 39ème Sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba, ce samedi 14 février 2026, marque un tournant doctrinal majeur pour le continent. Sous l’égide de la présidence tournante, les chefs d’État ont placé la « Souveraineté Hydrique » non plus comme une simple question environnementale, mais comme le pilier central de la sécurité nationale et collective. Dans un contexte où le dérèglement climatique de 2025 a exacerbé les tensions, l’eau est devenue l’or bleu de l’Afrique.
Le GERD : Symbole de tension et d’opportunité
Le Grand Barrage de la Renaissance Éthiopienne (GERD) sert de catalyseur à ce débat. Alors que l’Éthiopie annonce la mise en service de ses dernières turbines, l’Égypte et le Soudan scrutent avec appréhension le débit du Nil Bleu. Cependant, le discours d’ouverture a surpris par son ton conciliant, prônant une gestion partagée plutôt qu’une confrontation. La « Bonne Gouvernance » des ressources transfrontalières est érigée en modèle de stabilité. L’idée d’un marché commun de l’énergie hydroélectrique commence à séduire, transformant un risque de conflit en une opportunité de développement intégré.

L’apport crucial du Digital et de la Tech
Pour soutenir cette souveraineté, l’Union Africaine mise sur le digital. Le projet « Nile-Digital-Twin », une réplique numérique du bassin du Nil utilisant l’intelligence artificielle pour prédire les crues et optimiser l’irrigation, a été présenté. Ce recours à la haute technologie permet de dépolitiser les données techniques et d’offrir une base factuelle aux négociations diplomatiques. La justice libre est également invoquée : la création d’une Cour Africaine de l’Environnement est à l’étude pour arbitrer les litiges liés à l’eau sans passer par les instances de La Haye ou de Washington.
Impact Économique et Vie des Affaires Pour les investisseurs, cette stabilisation de la gestion de l’eau est un signal fort. L’agro-industrie, premier employeur du continent, dépend directement de la sécurité hydrique. En garantissant l’accès à l’eau, l’UA sécurise les investissements directs étrangers (IDE) dans le secteur agricole, favorisant ainsi l’émergence d’une chaîne de valeur locale robuste, capable de nourrir 1,4 milliard d’Africains.

