Un sommet sous haute tension en Türkiye
Le sommet de l’OTAN qui s’ouvre ce jour est sans doute le plus périlleux depuis la fin de la Guerre froide. Sous la pression de l’administration américaine, qui prône une vision purement « transactionnelle » de la protection, les alliés européens sont sommés de passer à la caisse. L’exigence est claire : atteindre 5% du PIB en dépenses de défense d’ici 2035. Pour AFRICANOVA, c’est la fin du « parapluie gratuit » et l’obligation pour l’Europe de définir sa propre autonomie stratégique.
Le « Deal » américain : Sécurité contre Business
Washington ne s’en cache plus : l’OTAN est perçue comme un marché militaire. En imposant des normes d’interopérabilité centrées sur le matériel américain, les États-Unis transforment la défense collective en un immense contrat commercial. La France, fidèle à sa doctrine d’indépendance, tente de rallier Berlin et Varsovie autour d’un « pilier européen » fort, mais les divisions internes persistent. Les pays de l’Est, plus proches de la menace russe, préfèrent payer le tribut à Washington pour une garantie immédiate.
L’impact sur les alliances mondiales
Ce virage transactionnel inquiète au-delà des frontières de l’Europe. Si la sécurité est un produit, qu’advient-il des zones jugées « moins rentables » géopolitiquement, comme le Sahel ou le Golfe de Guinée ? Africanova analyse cette mutation comme un signal pour l’Union Africaine : le monde de 2026 ne repose plus sur des valeurs partagées, mais sur des intérêts matériels. L’Europe, en cherchant à sauver son alliance, risque de s’isoler des pays du Sud qui refusent cette logique de blocs.
Prospective : Vers une OTAN à deux vitesses
Le sommet de 2026 pourrait acter une rupture de fait. D’un côté, un noyau dur atlantiste totalement intégré au complexe militaro-industriel US ; de l’autre, une volonté d’autonomie européenne encore balbutiante. Pour les observateurs internationaux, l’enjeu est de savoir si l’alliance restera une force de stabilité ou si elle deviendra un simple instrument de domination commerciale globale.

