Introduction : Un tournant historique en Éthiopie
Ce 13 février 2026, l’atmosphère à Addis-Abeba est électrique. Le siège de l’Union Africaine (UA), le célèbre grand bâtiment offert par la Chine, ne suffit plus à contenir l’ambition d’un continent qui représente désormais 1,5 milliard d’habitants. Ce sommet, intitulé « Souveraineté et Résilience », intervient dans un contexte de fragmentation mondiale accélérée. Alors que l’Occident et le bloc des BRICS+ se livrent une guerre d’influence sans merci, l’Afrique décide, pour la première fois de son histoire moderne, de définir ses propres termes d’engagement.
Le financement de l’UA : La fin de la tutelle extérieure
Le point le plus brûlant de l’ordre du jour est l’indépendance financière. Pendant des décennies, le budget de fonctionnement de l’UA a été largement subventionné par des partenaires extérieurs, notamment l’Union Européenne. En 2026, la « Taxe Kaberuka » (0,2% sur les importations éligibles) est enfin appliquée par 42 États membres. Ce fonds permet de financer de manière autonome les opérations de soutien à la paix. L’enjeu est de taille : celui qui paie commande. En s’autofançant, l’UA s’offre le luxe de refuser des agendas dictés par l’extérieur, notamment sur les questions de gestion des ressources naturelles et de normes sociétales.
Sécurité et Stabilité : Vers une Force Africaine en Attente (FAA) opérationnelle
La situation sécuritaire au Sahel et dans l’Est de la République Démocratique du Congo occupe une place centrale dans les débats à huis clos. Les chefs d’État discutent de la mise en œuvre de la Force Africaine en Attente. L’objectif est de remplacer progressivement les contingents onusiens, souvent jugés inefficaces par les populations locales, par des troupes continentales formées et équipées grâce au nouveau Fonds de Paix. La doctrine est claire : « Des solutions africaines aux problèmes africains ». Cette volonté de puissance militaire est le corollaire indispensable de la souveraineté politique.

Géopolitique : La Neutralité Active comme stratégie
Face à la montée des tensions entre Washington et Pékin, l’Afrique adopte une posture de « Neutralité Active ». Il ne s’agit plus de non-alignement passif, mais d’une diplomatie transactionnelle. Les dirigeants africains, menés par des figures de proue comme les présidents du Kenya et du Sénégal, exigent désormais que chaque partenariat stratégique s’accompagne d’un transfert de technologie massif. « Nous ne voulons plus seulement vendre notre lithium ou notre cobalt ; nous voulons fabriquer les batteries sur le sol africain », a déclaré le président de la Commission de l’UA lors du discours d’ouverture.
Conclusion : Un nouveau paradigme pour 2026
Ce sommet d’Addis-Abeba marque la fin de l’ère de la « victimisation » et l’entrée dans celle de la « responsabilité ». Les résolutions prises ici influenceront la marche du monde pour la prochaine décennie. Africanova restera mobilisé pour suivre l’application réelle de ces décisions sur le terrain.

