Par la Rédaction de Paris (Dossier Spécial Investigation) Paris – Dakar – Abidjan – Libreville
C’est un éditorial qui a agi comme une décharge électrique dans les salons feutrés du Medef à Paris. Le journal Le Figaro, pourtant traditionnellement proche des milieux d’affaires, consacre ce matin un dossier de dix pages au « Grand Retrait » des fleurons de l’industrie française du continent africain. Le constat est sans appel : le modèle de la « Françafrique » économique est en phase terminale, remplacé par une concurrence féroce où l’histoire ne compte plus.
1. La chute des monopoles historiques
Pendant soixante ans, des noms comme Bouygues, Orange, TotalEnergies ou Bolloré régnaient sans partage. En mars 2026, la réalité est brutale :

- Le BTP sous pavillon turc et chinois : Les grands chantiers d’infrastructure (ponts, barrages, chemins de fer) échappent quasi systématiquement aux entreprises françaises. Les groupes turcs comme Yapi Merkezi proposent des coûts 30 % inférieurs avec des délais de réalisation que le génie civil français ne semble plus pouvoir tenir.
- La déconnexion numérique : Dans les télécoms, bien qu’Orange résiste, l’influence se déplace vers les équipementiers chinois et les startups de la « Silicon Nusantara » (voir Article 8), qui proposent des solutions plus adaptées aux faibles revenus des populations locales.

2. Le « Désamour » politique et culturel
Le dossier du Figaro pointe une erreur stratégique majeure de Paris : avoir ignoré la montée du sentiment souverainiste au Sahel et au-delà.
- Le boycott citoyen : Les campagnes de boycott sur les réseaux sociaux contre les enseignes françaises ne sont plus anecdotiques ; elles impactent désormais les bilans comptables de groupes comme Carrefour ou Auchan en Afrique de l’Ouest.
- La fuite des cerveaux vers Dubaï et Singapour : Les élites africaines formées en France ne rentrent plus pour travailler dans des filiales de groupes français. Elles préfèrent monter leurs propres structures ou s’allier à des capitaux émiratis ou indiens, perçus comme moins « paternalistes ».

