Par l’Unité Stratégique d’AFRICANOVA.INFO Brasília – Kinshasa – Rome (FAO)
Le 19 mars 2026, une nouvelle route commerciale vient de s’ouvrir entre les deux plus grands poumons verts de la planète. L’accord signé entre le président brésilien Lula et son homologue de la RDC, Félix Tshisekedi, dépasse le cadre diplomatique : c’est la création d’un géant agro-industriel du Sud Global capable de dicter ses conditions aux marchés mondiaux.
1. Le transfert du miracle du « Cerrado » vers le Bassin du Congo
Le Brésil a réussi, en trente ans, à transformer ses savanes acides en terres ultra-fertiles. Ce savoir-faire technologique unique est aujourd’hui « transplanté » en RDC.
- Le Projet « Soy-Congo » : Mise en culture de 2 millions d’hectares de terres arables dans les provinces du Kwilu et du Kwango. L’objectif est de produire un soja « éthique et non-OGM » destiné au marché asiatique et à la consommation locale, brisant le monopole des semenciers américains.
- L’indépendance en engrais : Le Brésil aide la RDC à construire ses propres usines de fertilisants à partir du gaz du Lac Kivu, une révolution pour les paysans congolais qui payaient jusqu’ici leurs intrants au prix fort sur le marché international.

2. La diplomatie des forêts tropicales
Au-delà de l’agriculture, ce pacte crée une « OPEP de la Biodiversité ». Le Brésil et la RDC (rejoints par l’Indonésie) coordonnent désormais leurs positions sur le marché des crédits carbone.
« Nous ne sommes plus des quémandeurs d’aide climatique », a déclaré Lula lors de la signature. « Nous sommes les propriétaires du climat mondial. Désormais, ceux qui veulent que nos forêts restent debout devront payer le prix juste, fixé à Kinshasa et Brasília, et non à Londres ou Genève. »
Ce dossier analyse comment cette alliance Sud-Sud marginalise les agences de développement occidentales et propose un modèle de « développement par la souveraineté » qui séduit déjà d’autres pays du bassin du Congo comme le Gabon et le Cameroun.

