Par la Rédaction d’AFRICANOVA.INFO Publié le 24 Février 2026
Le réveil du Lion de l’Est
Alors que l’économie mondiale navigue dans des eaux incertaines, l’Éthiopie affiche une santé insolente. Avec une prévision de croissance de 10,2 % pour l’exercice 2026, Addis-Abeba confirme son statut de moteur économique de l’Afrique de l’Est. Ce succès n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une restructuration audacieuse entamée après les années de turbulences internes.
La libéralisation contrôlée : Le « Grand Bond »
Le secret éthiopien réside dans un équilibre subtil entre dirigisme étatique et libéralisation agressive du secteur privé. L’ouverture du capital d’Ethio Telecom et l’entrée de banques étrangères sur le marché national ont injecté des liquidités cruciales. Cependant, l’État conserve une main de fer sur les secteurs stratégiques comme l’énergie, via le Grand Barrage de la Renaissance (GERD), qui tourne désormais à plein régime.
L’Éthiopie est devenue le premier exportateur d’électricité propre de la région, vendant ses kilowatts au Kenya, au Soudan et même jusqu’à Djibouti. Cette rente énergétique finance désormais l’industrialisation légère : textile, cuir et assemblage électronique.

L’agro-industrie et les parcs industriels
Le modèle éthiopien repose sur ses parcs industriels de classe mondiale. Hawassa et Bole Lemi ne sont plus de simples zones franches, mais des écosystèmes complets où les droits des travailleurs et les normes écologiques sont intégrés pour séduire les marchés européens et américains. En 2026, l’Éthiopie a réussi à diversifier ses exportations, le café de spécialité atteignant des prix records sur les places boursières mondiales grâce à une certification blockchain garantissant l’origine.
Les défis de l’inflation et de la dette
Tout n’est pas rose. La croissance galopante s’accompagne d’une inflation persistante. La Banque Nationale d’Éthiopie doit jongler entre soutien à la consommation et rigueur monétaire. La gestion de la dette extérieure reste également un sujet de discussion majeur avec le FMI, mais la capacité d’Addis-Abeba à générer des devises via ses exportations industrielles rassure les créanciers.

