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Sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba — L’émergence de l’AFRI, la monnaie unique face au défi de la souveraineté

par Africanova
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Par la Rédaction d’Africanova.info

ADDIS-ABEBA – Le 39e Sommet ordinaire de l’Union Africaine (UA), qui s’ouvre ce matin dans la capitale éthiopienne, s’annonce comme le rendez-vous économique le plus crucial de la décennie. Au centre de toutes les discussions : le lancement officiel de la phase pilote de l’AFRI, la future monnaie commune africaine. Dans un contexte de volatilité extrême du dollar et de restructuration des blocs géopolitiques mondiaux, l’Afrique joue son va-tout pour stabiliser ses échanges intra-continentaux.

Un tournant historique pour la ZLECAF

Depuis la mise en œuvre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF), le principal obstacle à une intégration réelle demeurait la multiplicité des devises et les coûts de transaction exorbitants. Selon les experts de la Banque Africaine de Développement (BAD), l’absence d’une unité de compte commune coûte chaque année environ 5 milliards de dollars au continent en frais de change et de conversion.

Le projet de l’AFRI ne se veut pas seulement une monnaie physique, mais avant tout une monnaie numérique de banque centrale (MNBC). Cette approche technologique permettrait de contourner les lourdeurs des systèmes bancaires traditionnels et d’offrir une liquidité immédiate aux commerçants de Lagos, Nairobi ou Casablanca.

Les enjeux de la convergence économique

Cependant, l’enthousiasme des chefs d’État se heurte à la réalité des critères de convergence. Pour qu’une monnaie commune soit viable, les économies doivent présenter des taux d’inflation et des déficits budgétaires harmonisés. Or, les disparités entre les géants comme le Nigeria ou l’Égypte et les pays enclavés restent marquées.

La question de la Banque Centrale Africaine (BCA), dont le siège est pressenti au Nigeria, suscite également des débats houleux sur la gouvernance. Les pays de la zone CFA, engagés dans leur propre transition vers l’Eco, craignent une perte de stabilité monétaire si les garde-fous ne sont pas strictement définis. Le président de la Commission de l’UA a pourtant été clair : « La souveraineté de l’Afrique passera par sa capacité à battre monnaie et à ne plus subir les chocs monétaires venus d’Occident ou d’Asie. »

Digitalisation et inclusion financière

L’autre grand pilier de ce sommet est le Digital Manifesto 2026. L’UA souhaite coupler la monnaie unique à une identité numérique souveraine pour chaque citoyen africain. En intégrant la blockchain dans les protocoles de la future monnaie, l’Afrique espère éradiquer les circuits de financement illicites tout en favorisant l’inclusion financière des populations non bancarisées, qui représentent encore 45 % de la population active.

Les leaders de la Tech africaine, réunis en marge du sommet, poussent pour que l’AFRI devienne le standard des paiements mobiles, détrônant ainsi les systèmes propriétaires étrangers. C’est un enjeu de sécurité nationale : le contrôle des flux financiers est le nerf de la guerre économique moderne.

Justice et Bonne Gouvernance : Le socle nécessaire

Pour Africanova.info, il est essentiel de souligner que ce projet monétaire ne pourra réussir sans une justice libre et indépendante. Les investisseurs internationaux scrutent la capacité des États africains à garantir la sécurité juridique des contrats. La création d’une Cour de Justice Économique Africaine est d’ailleurs à l’ordre du jour à Addis-Abeba, afin de régler les litiges commerciaux liés à la nouvelle monnaie sans passer par les tribunaux de Londres ou de Paris.

Analyse de l’expert Africanova : Le succès de l’AFRI dépendra de la volonté politique réelle de dépasser les nationalismes économiques. Si l’Afrique parvient à s’unir derrière cet outil, elle deviendra la troisième puissance économique mondiale d’ici 2040. Mais le chemin est semé d’embûches, notamment la pression des anciennes puissances coloniales et l’influence grandissante des BRICS+ qui proposent leurs propres systèmes alternatifs.

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