En visite officielle sur le sol chinois ce 07 novembre 2026, le président de la transition gabonaise, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, a marqué les esprits lors d’un forum d’affaires de haut niveau réuni dans la métropole financière de Shanghai. Devant un parterre de capitaines d’industrie, de dirigeants de banques souveraines et de fonds d’investissement asiatiques, le chef de l’État gabonais a déployé une offensive diplomatique et économique d’envergure. L’objectif affiché est clair : sortir le Gabon du modèle extractif brut pour bâtir une économie émergente fondée sur la transformation locale des ressources naturelles, le développement des infrastructures critiques et la transition énergétique.
Le choix de Shanghai comme cadre de cette grande opération de séduction n’a rien de fortuit. Alors que la compétition mondiale autour des minerais stratégiques et des crédits carbone s’intensifie, le Gabon entend tirer profit de son immense patrimoine forestier et minier tout en exigeant une révision fondamentale des termes du partenariat sino-africain. Dans son discours magistral, Oligui Nguema a martelé que Libreville ne signerait désormais aucun contrat de concession minière ou forestière qui ne prévoirait pas l’implantation sur le territoire national de centrales de transformation industrielle à valeur ajoutée et le transfert effectif de technologies vers les cadres et techniciens gabonais.

Les discussions menées à Shanghai portent sur des enveloppes financières de plusieurs milliards de dollars. Les projets prioritaires englobent la modernisation du réseau ferroviaire Transgabonais, l’extension des capacités portuaires d’Owendo et de Mayumba, ainsi que la construction de barrages hydroélectriques capables d’alimenter les futurs zones industrielles spéciales du pays. De leur côté, les conglomérats chinois ont exprimé un intérêt majeur pour l’exploitation du gisement de fer de Belinga et pour les gisements de manganèse, tout en promettant d’intégrer des normes environnementales et sociales plus strictes, indispensables pour préserver l’écosystème exceptionnel du bassin du Congo.
Cette démarche s’inscrit dans la doctrine de souveraineté économique défendue par la rédaction d’Africanova.info. Le Gabon de la transition montre la voie d’un pragmatisme géopolitique où l’Afrique cesse d’être un simple réservoir de matières premières brutes pour devenir un pôle d’industrialisation durable. En diversifiant ses partenariats et en imposant des règles du jeu strictes et équitables aux investisseurs asiatiques, Libreville ambitionne de transformer son capital naturel en emplois stables pour sa jeunesse et en prospérité à long terme pour la nation.

