Brest / New York / Nairobi — Un pas historique a été franchi dans la protection des océans de la planète lors de la clôture des travaux du Sommet mondial sur la gouvernance de la haute mer. Les représentants de plus d’une centaine de nations ont formalisé les mécanismes d’application du Traité sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (Traité BBNJ). Face à l’accélération du réchauffement climatique et à l’épuisement des ressources halieutiques, la communauté internationale se dote enfin d’un cadre juridique contraignant pour préserver le bien commun océanique.
La Création d’Aires Marines Protégées en Haute Mer
La mesure phare de ce sommet réside dans la définition des règles permettant d’instaurer de vastes aires marines protégées (AMP) au cœur des eaux internationales. Jusqu’à présent, près de deux tiers de l’océan mondial échappaient à toute régulation environnementale globale, facilitant la surpêche industrielle, la pollution plastique et le risque d’exploitation minière incontrôlée des fonds marins.
Grâce à cet accord historique, les États signataires s’engagent à restreindre les activités extractives et industrielles dans des zones de haute valeur écologique afin de permettre la régénération des espèces marines et la préservation des puits de carbone océaniques. Cette avancée soutient directement l’objectif mondial visant à protéger trente pour cent des terres et des mers d’ici la fin de la présente décennie.
La Régulation des Ressources Génétiques Marines et le Partage Équitable
L’un des points de négociation les plus complexes concernait l’accès aux ressources génétiques marines et le partage des avantages découlant de leur exploitation. Les organismes vivants évoluant dans les profondeurs océaniques recèlent des molécules d’une valeur inestimable pour la recherche pharmaceutique, biotechnologique et cosmétique.
Les pays du Sud, sous l’impulsion du groupe africain et des États insulaires, ont obtenu l’établissement d’un mécanisme de compensation financière et de transfert de technologie. Les retombées scientifiques et financières issues des découvertes en haute mer devront désormais profiter à l’ensemble de l’humanité, garantissant une justice environnementale et scientifique entre les nations développées et les pays en développement.

La Lutte contre l’Acidification et le Rôle Climatologique de l’Océan
Les scientifiques présents au sommet ont rappelé le rôle vital de l’océan comme principal régulateur du climat mondial, absorbant plus de quatre-vingt-dix pour cent de l’excès de chaleur généré par les activités humaines. Toutefois, l’augmentation constante des émissions de gaz à effet de serre entraîne une acidification préoccupante des eaux et une désoxygénation des milieux marins qui menacent l’équilibre des récifs coralliens et des chaînes alimentaires mondiales.
La mise en œuvre effective du traité de la haute mer s’impose ainsi comme le pilier complémentaire des accords mondiaux sur le climat. En unissant la science, le droit international et la volonté politique, les dirigeants de la planète démontrent qu’il est encore possible d’agir collectivement pour sauvegarder la santé écologique de notre planète.

