KINSHASA (AFRICANOVA) — Face à la recrudescence des cas d’infection au virus Ebola confirmés au cours des dernières 24 heures dans plusieurs aires de santé de l’Est de la République Démocratique du Congo et à la frontière de la province de Kinshasa, le gouvernement congolais et ses partenaires internationaux ont déclenché ce dimanche 26 juillet un plan d’intervention sanitaire d’urgence à haut niveau de sécurité.
Un plan d’action d’urgence ciblé sur les chaînes de contamination
Sous la coordination du Ministère de la Santé Publique, Hygiène et Prévention, une force d’intervention épidémiologique conjointe associant le Centre africain pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC Afrique) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a été déployée sur le terrain. La priorité absolue est d’isoler les foyers de contagion, de procéder au traçage systématique des contacts et d’assurer une prise en charge médicale immédiate au sein de douze nouveaux Centres de Traitement d’Ebola (CTE) temporaires.
Pour contrer la propagation du virus, un lot de 250 000 doses de vaccins de dernière génération a été acheminé par voie aérienne. L’utilisation de chaînes du froid mobiles alimentées par énergie solaire permet de garantir la conservation optimale des vaccins, y compris dans les zones rurales isolées privées de réseau électrique stable.
Soutien aux personnels de santé et logistique sécurisée
L’un des défis majeurs de cette riposte réside dans la sécurisation des corridors sanitaires dans les provinces orientales du pays, où la présence de groupes armés complique le travail des équipes médicales. Le gouvernement congolais a réaffirmé son engagement à assurer la protection physique des agents de santé humanitaires et à garantir le versement de primes de risque revalorisées pour le personnel soignant au front.

Les autorités sanitaires misent également sur l’utilisation de laboratoires mobiles équipés de technologies de diagnostic par PCR rapide. Ces dispositifs permettent de délivrer des résultats d’analyse en moins de 45 minutes, accélérant considérablement la prise de décision clinique et la mise en quarantaine des patients suspects.
Sensibilisation communautaire et solidarité continentale
En parallèle des mesures médicales, les campagnes de communication de proximité et l’engagement des relais communautaires (chefs traditionnels, responsables religieux, associations de jeunes) sont intensifiés pour lutter contre la désinformation et favoriser l’adhésion des populations aux protocoles d’hygiène et de prévention.
La directrice régionale du CDC Afrique a souligné que la maîtrise rapide de cette épidémie constitue un enjeu de sécurité sanitaire pour l’ensemble du continent africain. Une coordination transfrontalière étroite a été établie avec les autorités sanitaires des pays voisins, notamment l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi, afin de renforcer les contrôles sanitaires aux points de passage terrestres et lacustres.

