I. Le tournant technocratique de Cotonou : L’ère de la consolidation macroéconomique
L’annonce officielle de la composition du nouveau gouvernement béninois par le Premier ministre en charge de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, marque une rupture structurelle majeure dans la gouvernance de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Dans un contexte régional marqué par de fortes volatilités de change et des restructurations de dettes souveraines, le Bénin fait le choix de la continuité institutionnelle doublée d’une audace managériale sans précédent. Ce remaniement n’est pas une simple redistribution des portefeuilles politiques ; il s’agit de la mise en place d’un véritable comité de pilotage industriel destiné à propulser le pays au rang de hub logistique et numérique de premier plan en Afrique subsaharienne.
Le maintien de figures clés à l’énergie, au numérique et aux infrastructures de transport confirme la volonté de Cotonou de sanctuariser ses grands projets d’investissements publics. La feuille de route présentée ce matin s’articule autour d’un triptyque rigoureux : discipline budgétaire accrue, souveraineté numérique par l’intelligence artificielle, et accélération de la transformation locale des matières premières au sein de la zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ). Pour les marchés financiers internationaux, le signal est clair : le Bénin maintient son statut d’émetteur souverain de confiance, capitalisant sur ses récents succès sur le marché des obligations vertes et durables.

II. Les trois piliers de la feuille de route 2026-2030
Le programme économique dévoilé par Romuald Wadagni repose sur des agrégats macroéconomiques ambitieux, visant une croissance soutenue du PIB supérieure à $7.5\%$ pour l’exercice à venir.
- La viabilité de la dette et l’optimisation des recettes fiscales : Le ministère prévoit une modernisation radicale de l’assiette fiscale grâce à l’intégration de systèmes de facturation électronique basés sur la blockchain. L’objectif est de réduire le déficit budgétaire sous la barre des $3\%$ du PIB, conformément aux critères de convergence de l’UEMOA, tout en évitant les politiques d’austérité qui étouffent la consommation des ménages.
- L’attractivité des investissements directs étrangers (IDE) : Le Bénin déploie un nouveau cadre juridique sécurisé pour les partenariats public-privé (PPP). Ce dispositif vise à attirer les capitaux internationaux vers les infrastructures critiques, notamment l’extension du Port Autonome de Cotonou et la création de corridors logistiques interconnectés avec les pays enclavés du Sahel.
- L’économie du savoir et l’agritech : Romuald Wadagni a insisté sur la nécessité de basculer d’une économie de rente agricole (dépendance historique au coton) vers une économie agro-industrielle à haute valeur ajoutée. L’introduction de technologies de précision et le financement de startups locales spécialisées dans la supply chain agricole constituent le cœur de cette transformation.
[Mots-clés de performance – Article 1] : Romuald Wadagni, gouvernement Bénin 2026, croissance économique UEMOA, investissements directs étrangers Cotonou, zone industrielle Glo-Djigbé, notation souveraine Afrique, obligations vertes, réforme fiscale numérique, PIB Bénin, corridors logistiques Sahel.

