La Bascule du Soft Power Culturel
Le marché mondial de l’art a connu une mutation structurelle majeure en ce début d’année 2026. Lagos (Nigeria) et Marrakech (Maroc) ne sont plus seulement des destinations touristiques ; elles sont devenues les nouveaux pôles de spéculation et de création artistique, détrônant en volume de croissance les places traditionnelles de Paris et de Londres. La foire 1-54 Marrakech, qui vient de fermer ses portes, a enregistré un chiffre d’affaires record, avec une augmentation de 45 % des acquisitions provenant de fonds souverains asiatiques et de collectionneurs privés de la diaspora.
Lagos, l’épicentre de l’économie créative
Au Nigeria, la « Creative Economy » pèse désormais 6 % du PIB national. L’enquête d’AFRICANOVA montre que l’art contemporain est devenu un actif financier majeur. Les galeries de Victoria Island utilisent la blockchain pour certifier l’origine des œuvres, luttant ainsi contre le trafic de biens culturels. Ce « Digital Art » africain, mêlant techniques ancestrales et intelligence artificielle, séduit une jeunesse mondiale en quête d’authenticité. Marrakech, de son côté, joue le rôle de pont entre l’Afrique et l’Europe. Le Musée Yves Saint Laurent et le MACAAL sont devenus des institutions de référence où la justice culturelle — la restitution des biens et la valorisation du patrimoine — est au cœur des débats.

L’Art comme levier de développement
Ce boom n’est pas seulement esthétique ; il est économique. Pour chaque dollar investi dans l’art, trois dollars sont générés dans les services (hôtellerie, tech créative, transport). La culture africaine est aujourd’hui le produit d’exportation le plus puissant du continent, imposant un nouveau récit loin des misérabilismes passés. C’est l’Afrique qui définit ses propres codes de beauté et de valeur, une libération intellectuelle qui précède souvent la libération économique.

