Par la Rédaction d’AFRICANOVA Publié le 20 Février 2026 à Addis-Abeba
Introduction : L’Urgence d’une Souveraineté Maritime Africaine
Alors que s’ouvre aujourd’hui le 39ème Sommet ordinaire des chefs d’État de l’Union Africaine (UA) à Addis-Abeba, un dossier brûlant domine les débats : la protection des eaux territoriales. Longtemps délaissée au profit des enjeux terrestres, la sécurité maritime devient en 2026 la priorité absolue pour garantir la sécurité alimentaire du continent. Entre pillage industriel étranger et piraterie, l’Afrique perd chaque année plus de 25 milliards de dollars de revenus potentiels. Le « Pacte d’Addis » sur la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) s’annonce comme un tournant géopolitique majeur.
1. Le Constat Alarmant : Un Pillage Organisé au Large de nos Côtes
La pêche illégale n’est plus un simple délit de proximité, c’est une industrie criminelle transnationale. Des flottes usines, principalement originaires d’Asie et d’Europe de l’Est, opèrent dans les zones économiques exclusives (ZEE) du Sénégal, de la Mauritanie et du Golfe de Guinée.
- Impact écologique : Destruction des récifs coralliens par le chalutage de fond.
- Impact social : Appauvrissement des pêcheurs artisanaux, poussant la jeunesse vers l’émigration clandestine.
- Impact sécuritaire : Les circuits de la pêche illégale financent souvent des réseaux de trafics d’armes et de drogue.
2. Les Piliers du Nouveau Pacte de l’Union Africaine
Le projet de traité que nous avons pu consulter chez AFRICANOVA repose sur trois piliers technologiques et juridiques sans précédent :
A. La Surveillance par Constellation Satellitaire
L’UA annonce un partenariat avec l’agence spatiale panafricaine pour l’utilisation de satellites de basse orbite permettant de traquer les navires ayant coupé leur système d’identification automatique (AIS).
B. La Force d’Intervention Maritime Conjointe
Inspirée du modèle de la force multinationale du Bassin du Lac Tchad, cette brigade maritime aura le droit de poursuite transfrontalier. Un navire intercepté dans les eaux libériennes pourra être poursuivi et arraisonné jusque dans les eaux ivoiriennes par une patrouille unifiée.
C. Le Cadre Juridique Harmonisé
Le pacte prévoit la création d’un tribunal spécialisé pour les crimes environnementaux maritimes, évitant ainsi que les armateurs ne jouent sur les failles juridiques nationales pour échapper aux amendes.
3. L’Économie Bleue : Le Moteur de la Croissance de demain
Le Sommet de 2026 ne se contente pas de réprimer ; il propose une alternative. En protégeant ses eaux, l’Afrique vise à développer une industrie de transformation locale. L’objectif est clair : « Pêché en Afrique, Transformé en Afrique, Consommé en Afrique ».

Les experts de la Banque Africaine de Développement (BAD) estiment qu’une gestion rigoureuse des ressources halieutiques pourrait créer plus de 5 millions d’emplois directs d’ici 2030, notamment dans l’aquaculture durable et la conserverie haut de gamme.
4. Les Enjeux de la Gouvernance et de la Transparence
Pour que ce pacte réussisse, la lutte contre la corruption au sein des ministères de la pêche est vitale. Le président en exercice de l’UA a souligné que la « transparence radicale » sera le mot d’ordre. L’utilisation de la blockchain pour certifier l’origine des captures et les licences de pêche devient obligatoire pour tous les signataires du pacte.
« Nous ne pouvons plus laisser nos océans être le supermarché gratuit du monde alors que nos enfants ont faim. » — Extrait du discours d’ouverture.
Conclusion : Un Test de Crédibilité pour l’Union Africaine
Le succès de ce sommet dépendra de la capacité des États à passer de la signature de documents à l’action concrète sur l’eau. Pour AFRICANOVA, ce pacte est le signe que l’Afrique a enfin pris conscience que sa richesse ne se trouve pas seulement sous son sol, mais aussi dans l’immensité de son « continent bleu ».

