Un bilan humain et matériel déchirant
Dix jours après le passage dévastateur du cyclone tropical Fytia, Madagascar panse ses plaies. Ce 13 février 2026, le Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes (BNGRC) a publié un nouveau bilan provisoire : on déplore désormais 15 décès et plus de 85 000 sinistrés. Le cyclone, qui a traversé l’île d’Ouest en Est, a laissé derrière lui un paysage de désolation, particulièrement dans les districts de Soalala et de Mahajanga. Pour AFRICANOVA, cette catastrophe souligne une nouvelle fois l’extrême vulnérabilité de la Grande Île face au dérèglement climatique.
La reconstruction : Sortir de la gestion de l’urgence
Le Premier ministre malgache, actuellement en tournée dans les zones sinistrées, a martelé l’importance de « reconstruire mieux ». Plus de 19 000 habitations ont été endommagées ou détruites, ainsi que des centaines de salles de classe. La question n’est plus seulement de fournir de l’aide alimentaire, mais de repenser l’urbanisme. Le gouvernement annonce un plan de reconstruction résiliente, financé en partie par l’assurance paramétrique souveraine récemment souscrite auprès de l’African Risk Capacity. C’est un test majeur pour la gestion publique : les fonds arriveront-ils jusqu’aux populations rurales isolées ?

Impact économique et sécurité alimentaire
Les pluies torrentielles ont dévasté les rizières du centre et du nord, faisant craindre une envolée des prix du riz, aliment de base des Malgaches. Le secteur des transports est également paralysé, avec plusieurs routes nationales coupées par des éboulements. Pour Africanova, cette crise est une opportunité pour le pays d’accélérer son « Digital for Disasters » : l’utilisation de drones pour cartographier les dégâts et la distribution d’aides via le mobile money pour limiter les détournements de fonds.
Appel à la solidarité internationale
Madagascar ne pourra pas porter seul le poids de cette reconstruction. Alors que la COP27 avait promis des fonds pour les « pertes et dommages », la réalité du terrain en 2026 montre que les décaissements sont encore trop lents. La solidarité de l’Océan Indien s’organise, mais une réponse structurelle mondiale est urgente pour protéger ces sentinelles climatiques.

