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BANQUES CENTRALES — LE DILEMME HISTORIQUE DE LA FED ET DE LA BCE SUR FOND DE CROISSANCE ATONE ET D’INFLATION RÉSIDUELLE

par Africanova
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De nos envoyés spéciaux à Washington et Francfort

I. Les sanctuaires de la haute finance au pied du mur : le piège de la stagflation mondiale

Dans les hauts sanctuaires de la finance mondiale, de l’imposant édifice Marriner S. Eccles de la Réserve fédérale à Washington jusqu’à la tour de verre de la Banque centrale européenne à Francfort, le climat d’automne s’accompagne d’une fébrilité rarement égalée. À quelques jours seulement des réunions monétaires décisives prévues pour la fin du mois, les gouverneurs et gouverneures des banques centrales se retrouvent au pied d’un mur décisionnel majeur. L’équation macroéconomique globale qu’ils doivent résoudre rassemble tous les ingrédients du piège stagflationniste : une croissance économique atone, plombée par l’essoufflement du commerce international et la contraction de la consommation des ménages, conjuguée à des poussées d’inflation résiduelles nourries par la volatilité des cours de l’énergie et le coût élevé des transitions industrielles.

II. Arbitrages à haut risque à Washington et Francfort : entre récession et surchauffe des devises

Du côté américain, le président de la Réserve fédérale louvoie entre les pressions politiques venues du Congrès et les exigences d’un marché obligataire sous haute tension. Alors que la création d’emplois aux États-Unis montre des signes évidents de décélération et que la dette fédérale atteint des sommets vertigineux, baisser précipitamment les taux directeurs risquerait d’alimenter à nouveau les anticipations d’inflation et de déprécier le dollar face aux monnaies concurrentes du bloc des BRICS+. De ce côté-ci de l’Atlantique, la Banque centrale européenne fait face à un casse-tête encore plus redoutable en raison des divergences structurelles aiguës entre les économies de la zone euro. Alors que l’Allemagne peine à redynamiser son modèle industriel, d’autres pays du sud du continent subissent de plein fouet le poids du remboursement des dettes souveraines souscrites durant la dernière décennie.

III. L’onde de choc sur le Sud global : le renchérissement du crédit et le poids de la dette extérieure

Cette incertitude au sommet des institutions d’émission monétaire plonge les marchés financiers internationaux dans une volatilité permanente. Les grandes banques d’investissement et les fonds souverains réajustent leurs portefeuilles à la hâte, délaissant les actifs à risque au profit des valeurs refuges traditionnelles comme l’or et les obligations d’État sécurisées. Pour les nations du Sud global, et tout particulièrement pour le continent africain, la politique de taux élevés pratiquée dans les capitales occidentales continue d’alourdir le service de la dette extérieure et de renchérir le coût des emprunts sur les marchés internationaux, réduisant d’autant les budgets consacrés à la santé, à l’éducation et aux infrastructures nationales. L’arbitrage auquel se livreront la Fed et la BCE dans les prochains jours dessinera le visage de la conjoncture économique mondiale pour les années à venir.

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