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ARMÉNIE — LA COP17 SUR LA BIODIVERSITÉ AU CHEVET D’ÉCOSYSTÈMES MONDIAUX AU BORD DU RUPTURE

par Africanova
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De notre envoyée spéciale à Erevan

C’est dans le cadre majestueux et hautement symbolique des montagnes du Caucase, à Erevan, que s’est ouverte la 17e Conférence des Parties (COP17) des Nations Unies sur la diversité biologique. Pendant deux semaines, diplomates, scientifiques, représentants des peuples autochtones et militants écologistes venus du monde entier se réunissent pour évaluer l’état de dégradation des écosystèmes de la planète et tenter d’arracher des accords contraignants destinés à enrayer l’extinction accélérée des espèces végétales et animales. Alors que les rapports d’experts de l’IPBES confirment l’effondrement alarmant des populations sauvages et la destruction des habitats naturels, les négociations de cette COP arménienne s’annoncent particulièrement âpres.

Au cœur des débats figure l’application concrète des objectifs mondiaux fixés lors des précédents sommets, notamment le cadre exigeant visant à protéger au moins 30 % des terres et des mers de la planète d’ici la fin de la décennie. Si la majorité des États souscrivent formellement à ces déclarations d’intention, les modalités de financement et la répartition des efforts financiers créent des clivages profonds entre les pays développés et les nations en développement. Ces dernières, qui abritent la plus grande part de la biodiversité mondiale dans leurs forêts tropicales, leurs récifs coralliens et leurs zones humides, rappellent qu’elles ne pourront mener des politiques de conservation efficaces sans des transferts massifs de technologies et des compensations financières directes pour pallier le manque à gagner économique.

La question de la biopiraterie et du partage juste et équitable des avantages découler du décodage des ressources génétiques constitue un autre point d’achoppement stratégique. Les industries pharmaceutiques et agroalimentaires du Nord utilisent abondamment les données numériques issues de la biodiversité des pays du Sud sans que ces derniers ne perçoivent de retombées économiques équitables. À Erevan, les délégations africaines, sud-américaines et asiatiques entendent bien faire valoir leurs droits et imposer la création d’un fonds mondial multilatéral d’indemnisation et de conservation doté de ressources pérennes.

Pour l’Arménie, pays hôte confronté lui-même à des enjeux environnementaux et géopolitiques majeurs dans la région du Caucase, la tenue de cette conférence représente une opportunité unique d’affirmer son rôle sur la scène internationale et de mettre en lumière la fragilité des écosystèmes montagneux. Mais au-delà de la vitrine diplomatique, le succès ou l’échec de cette COP17 se mesurera à la capacité des États à dépasser leurs intérêts souverains immédiats pour adopter un calendrier d’action contraignant capable de préserver le tissu vivant dont dépend le sort de l’humanité tout entière.

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