Le Système Panafricain de Paiement et de Règlement, élaboré sous l’égide de la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) et du Secrétariat de la ZLECAf, franchit un cap décisif avec l’intégration opérationnelle de quarante banques centrales et de plus de cinq cents établissements bancaires commerciaux. Cette avancée supprime l’obligation de recourir à des devises tierces comme le dollar américain ou l’euro pour effectuer des transactions commerciales transfrontalières en Afrique.
La fin de la dépendance aux devises de règlement tierces
Pendant des décennies, le commerce intra-africain a été lourdement pénalisé par des surcoûts liés à la conversion systémique en devises étrangères. Les paiements transfrontaliers entre deux pays limitrophes devaient obligatoirement transiter par des banques correspondantes situées à New York, Londres ou Paris, générant des frais financiers considérables et des délais d’exécution préjudiciables aux entreprises.
Grâce à l’architecture technologique du système PAPSS, la conversion s’effectue désormais en temps réel directement entre devises locales africaines. Une entreprise établie à Kigali qui achète des marchandises à Accra règle sa facture en francs rwandais, tandis que le fournisseur ghanéen reçoit le montant correspondant en cedi. La compensation interbancaire est assurée instantanément par les banques centrales respectives au sein d’un réseau sécurisé.

Un levier de transformation majeure pour les PME et le commerce régional
Les micro, petites et moyennes entreprises, qui constituent l’armature de l’économie continentale, sont les premières à bénéficier de cette mutation structurelle. Les délais de paiement, qui s’étalaient autrefois sur plusieurs jours ouvrables, se trouvent réduits à quelques secondes, tandis que les frais de transaction diminuent drastiquement.
Cette fluidité bancaire inédite stimule l’émergence de chaînes de valeur régionales. Les industriels locaux peuvent désormais s’approvisionner plus facilement en matières premières et composants fabriqués sur le continent, sans craindre les fluctuations de change des monnaies occidentales ou la rareté des réserves en dollars.
Une étape clé vers la souveraineté monétaire du continent
L’expansion du PAPSS pose les fondations de la souveraineté financière de l’Afrique. En conservant la liquidité au sein du circuit bancaire africain, le continent renforce la stabilité de ses propres monnaies nationales et réduit sa vulnérabilité face aux chocs monétaires internationaux. Cette réussite démontre que l’intégration économique de la ZLECAf ne s’appuie pas seulement sur des baisses tarifaires, mais sur des infrastructures financières autonomes et performantes.

