KINSHASA — 13 Août 2026 — Le gouvernement de la République Démocratique du Congo a promulgué un décret fixant un nouveau cadre réglementaire strict pour la filière des minéraux critiques. Désormais, l’exportation de cobalt, de lithium et de coltan sous forme brute ou moyennement concentrée sera soumise à des quotas dégressifs, avec pour objectif l’interdiction totale des exportations non transformées à l’horizon de trois ans.
De l’Extraction à la Valeur Ajoutée Industrielle
Détentrice de plus de 70 % des réserves mondiales de cobalt et de gisements majeurs de lithium indispensables à la fabrication des batteries pour véhicules électriques, la RDC entend mettre fin au modèle extractif traditionnel. Le texte réglementaire contraint les compagnies minières internationales installées dans le Katanga et le Lualaba à investir directement dans des unités industrielles de raffinage et de production de précurseurs de batteries sur le territoire national.

Pour soutenir cette mutation industrielle, l’État congolais s’est engagé à garantir un approvisionnement énergétique stable aux zones industrielles dédiées en accélérant les travaux des centrales hydroélectriques de la région et en facilitant les partenariats public-privé.
Un Repositionnement dans la Chaîne de Valeur Mondiale de la Transition Énergétique
Cette mesure de souveraineté économique suscite d’importantes reconfigurations au sein des marchés mondiaux des matières premières. Les grands groupes automobiles et technologiques américains, européens et asiatiques envoient leurs délégations à Kinshasa pour négocier de nouveaux contrats d’approvisionnement intégrant des volets majeurs de transfert de technologie et de création d’emplois locaux.
En s’imposant comme un acteur industriel à part entière de la chaîne de valeur des technologies propres, la RDC ambitionne de maximiser ses recettes fiscales, d’éradiquer l’exploitation sous-payée et de créer une classe moyenne d’ingénieurs et de techniciens congolais spécialisés dans la métallurgie de pointe.

