Devant les instances décisionnelles des Nations Unies, la diplomatie marocaine, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, a posé un diagnostic sans concession sur l’état de la sécurité internationale. L’Afrique, et plus particulièrement la bande sahélo-saharienne, est devenue l’épicentre mondial de la menace terroriste et des réseaux criminels transnationaux.
Face à ce constat, le paradigme sécuritaire de l’ONU, souvent jugé trop bureaucratique et déconnecté des réalités du terrain, doit impérativement être restructuré. L’appel de Rabat est clair : le continent africain ne doit plus être considéré comme un simple théâtre d’interventions extérieures, mais comme le partenaire central et souverain de la définition des stratégies de stabilisation globales.
L’approche multidimensionnelle : Sécurité, développement et spiritualité
La doctrine défendue par le Maroc repose sur le refus d’une réponse purement militaire au fléau du terrorisme. Pour éradiquer durablement l’extrémisme violent, il est indispensable de lier la sécurité au développement économique et à la justice sociale. Les zones de non-droit prospèrent là où l’État est absent, là où la pauvreté prive la jeunesse de perspectives d’avenir.
Parallèlement, la dimension de la déradicalisation religieuse et de la formation des cadres religieux — un domaine où l’expertise du Royaume est internationalement reconnue via l’Institut Mohammed VI de formation des Imams — est mise en avant comme un pilier fondamental de la sécurité préventive. Le multilatéralisme doit donc s’adapter pour financer des projets de développement endogènes plutôt que de concentrer ses ressources uniquement sur des opérations de maintien de la paix au coût exorbitant pour des résultats mitigés.

Souveraineté continentale et refus des interférences géopolitiques
L’intervention marocaine résonne également comme un plaidoyer pour le respect de la souveraineté des États africains. La prolifération d’acteurs non étatiques, de milices privées et d’interférences de puissances extra-continentales dans les crises régionales ne fait qu’accentuer l’instabilité chronique.
Pour garantir une paix durable, la sécurité en Afrique doit être pensée par les Africains, pour les Africains, avec le soutien logistique et financier de la communauté internationale. Cette prise de position ferme positionne l’Afrique comme un acteur géopolitique majeur de l’année 2026, refusant de devenir le terrain de jeu des rivalités de blocs et exigeant une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU pour une représentativité juste et équitable.

