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Minéraux critiques et transition énergétique : La RDC et la Zambie imposent un nouveau cadre de gouvernance pour le raffinage local du cobalt et du cuivre

par Africanova
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La fin de l’ère de l’extraction brute et l’avènement du cartel du cuivre

Le temps de l’asymétrie économique où le sous-sol africain enrichissait exclusivement les complexes industriels de l’hémisphère nord et de l’Asie de l’Est touche à sa fin. En ce mois de juin 2026, la République Démocratique du Congo (RDC) et la Zambie, qui partagent la richissime ceinture de cuivre et de cobalt d’Afrique centrale (la Copperbelt), appliquent de concert un tournant réglementaire historique. Les deux pays ont harmonisé leurs codes miniers pour interdire l’exportation de concentrés de cuivre et de cobalt non raffinés. L’objectif macroéconomique est sans équivoque : forcer les multinationales minières à investir massivement dans des infrastructures de transformation de haute technologie directement sur le sol africain.

Cette décision coordonnée crée de fait un pôle décisionnel incontournable sur le marché mondial des métaux stratégiques. En contrôlant plus de 70 % de la production mondiale de cobalt, indispensable aux batteries des véhicules électriques et aux technologies de pointe, l’axe Kinshasa-Lusaka dicte désormais ses conditions aux marchés de Londres et de Shanghai, transformant la rente minière en un levier d’industrialisation lourde.

L’émergence d’usines de précurseurs de batteries et la souveraineté énergétique

Le nouveau cadre de gouvernance ne se limite pas au raffinage primaire (production de cathodes de cuivre ou de sels de cobalt). La RDC et la Zambie financent, via des partenariats public-privé (PPP), les premières unités de production de précurseurs de batteries de la région. Cette étape de haute valeur ajoutée technique permet d’intégrer verticalement la chaîne de valeur automobile mondiale. Les ingénieurs congolais et zambiens supervisent désormais des processus chimiques complexes, garantissant que la marge bénéficiaire principale reste au sein des économies locales pour alimenter les budgets souverains.

Pour soutenir cette révolution industrielle gourmande en énergie, les deux États coordonnent leurs investissements dans le secteur de l’hydroélectricité. La réhabilitation des turbines des barrages d’Inga en RDC et l’extension des centrales zambiennes sécurisent l’approvisionnement électrique des nouveaux parcs industriels miniers. En garantissant une énergie propre pour le raffinage des métaux, la RDC et la Zambie offrent aux constructeurs automobiles mondiaux des composants dotés d’une empreinte carbone minimale, un argument commercial et écologique imparable face aux exigences de la finance verte internationale.

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