La France et le Tchad : Allers-Retours et Contre-Allées d’une Diplomatie en Sursis
Par Christian Sabba Wilson, Éditorialiste, Auteur et Enseignant.
I. Le Miroir Tchadien : Le Dernier Bastion de l’Ancien Monde
En ce 25 février 2026, alors que les vents du changement soufflent avec une violence inouïe du Sahel au Golfe de Guinée, la relation entre Paris et N’Djamena apparaît comme le dernier vestige d’une époque que l’on croyait révolue. Le Tchad, pivot militaire de la France en Afrique centrale, est devenu le théâtre d’un ballet diplomatique fait d’allers-retours incessants et de contre-allées obscures.
Pourquoi cette persistance dans l’exception tchadienne ? Alors que le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont consommé le divorce avec l’ancienne métropole, le Tchad demeure ce « partenaire stratégique » dont la stabilité est achetée au prix d’un silence assourdissant sur les aspirations démocratiques. Ce face-à-face entre l’Élysée et le Palais de Toumaï illustre parfaitement l’impasse d’une politique africaine de la France qui semble avoir perdu sa boussole morale au profit d’une realpolitik de court terme.

II. Quel Bilan pour la Politique Africaine de la France ?
Si l’on devait dresser le bilan de la décennie écoulée, le constat serait celui d’un immense malentendu historique. La France a cru pouvoir traiter les symptômes — le terrorisme, l’instabilité migratoire — sans jamais s’attaquer aux racines du mal : le sentiment de spoliation, le soutien aux régimes dynastiques et l’absence de perspectives pour une jeunesse africaine en pleine ébullition.
Le bilan est celui d’une déconnexion :
- L’Échec du « Tout-Militaire » : L’obsession sécuritaire a occulté le besoin de développement et de justice. Les bases militaires sont devenues des symboles d’occupation plutôt que de protection.
- La Diplomatie du « Double Standard » : Condamner les coups d’État ici, mais les adouber là-bas par « nécessité de stabilité », a ruiné la crédibilité de la parole de la France.
- L’Incompréhension de la Nouvelle Donne Mondiale : En restant figée dans son pré-carré, la France a laissé le champ libre aux nouvelles puissances (Chine, Russie, Turquie, Inde) qui proposent des partenariats moins chargés d’histoire, mais plus pragmatiques.
III. À quand le Grand « Aggiornamento » ?
Il est temps de sortir des faux-semblants. Le grand aggiornamento — cette mise à jour radicale de la doctrine diplomatique — n’est plus une option, c’est une condition de survie pour l’influence française. Pour soutenir réellement la démocratie en Afrique, la France doit cesser de la voir comme un risque d’instabilité, mais comme la seule garantie d’une paix durable.
Ce renouvellement passe par un abandon définitif de la « Françafrique » et de ses réseaux de l’ombre. Le futur ne se construira pas dans les salons feutrés entre présidents, mais dans les universités, les incubateurs technologiques et les centres culturels. Soutenir la démocratie, c’est accepter que les peuples africains puissent choisir des dirigeants qui ne sont pas forcément les « amis de la France », mais qui sont les élus de leurs nations.
IV. Jouer avec l’Avenir : La Main Tendue aux Jeunesses Africaines
La jeunesse africaine ne réclame pas la fin de la relation avec la France ; elle réclame la fin du mensonge. Elle veut la fin des complots, des secrets d’État et de ces coups d’État « constitutionnels » ou militaires qui volent leur destin.
Inscrire la France dans une démarche positive et heureuse avec l’Afrique de 2026 signifie :
- La Fin de l’Opacité : Transparence totale sur les accords de défense et les contrats miniers.
- Le Partage du Savoir : Remplacer l’aide au développement par des partenariats de recherche, des transferts de technologie massifs et une mobilité circulaire des talents.
- La Reconnaissance de la Nouvelle France : La France est aujourd’hui une nation plurielle, dont une partie du cœur bat au rythme de l’Afrique. Cette « Nouvelle France », incarnée par sa diaspora, est le pont naturel vers ce destin commun.

V. Conclusion : Travailler Mains dans la Main vers un Destin Commun
Le temps des secrets est fini. En ce 25 février 2026, l’appel est clair : il est temps de jouer cartes sur table. La France a tout à gagner d’une Afrique forte, démocratique et prospère. Ce n’est pas en tentant de maintenir des privilèges d’un autre âge que Paris retrouvera son aura, mais en devenant le premier allié des peuples dans leur quête de liberté.
Travailler mains dans la main avec la jeunesse africaine, c’est parier sur le génie d’un continent qui est déjà en train de dessiner le monde de demain. C’est passer de la « coopération » de façade à une véritable « co-construction ». Le destin de la France et celui de l’Afrique sont liés par la géographie, l’histoire et la langue, mais ils ne seront sauvés que par la sincérité.
Monsieur le Rédacteur en Chef, l’heure est venue de clore les dossiers secrets pour ouvrir les livres de l’avenir. Pour que vive AFRICANOVA.INFO, et pour que renaisse l’amitié entre nos peuples, sur les cendres des contre-allées et dans la lumière de la démocratie.

