Par la Rédaction d’AFRICANOVA.INFO Publié le 24 Février 2026
Le traumatisme d’un cyclone hors-norme
Madagascar panse ses plaies. Quelques semaines après le passage dévastateur du cyclone tropical très intense « Gezani », la Grande Île fait face à un défi de reconstruction qui dépasse ses capacités nationales. En ce 24 février 2026, la Commission de l’Océan Indien (COI) s’est réunie d’urgence pour coordonner un plan de solidarité régionale sans précédent. Gezani n’était pas un cyclone ordinaire ; il est devenu, pour les scientifiques, le symbole de la « nouvelle normalité » climatique dans le sud-ouest de l’Océan Indien, avec des vents dépassant les 300 km/h et des inondations ayant rayé des villages entiers de la carte dans la région de l’Analanjirofo.
Les infrastructures à l’agonie : Un frein au développement
Le bilan matériel est catastrophique. Les ports de Toamasina et d’Antsiranana, poumons économiques du pays, fonctionnent au ralenti, entravant les exportations de vanille et de girofle qui constituent le socle des devises étrangères de Madagascar. Plus grave encore, le réseau routier, déjà fragile, est sectionné en de multiples points, isolant des régions agricoles entières et provoquant une flambée des prix alimentaires à Antananarivo.
Le gouvernement malgache a lancé un appel à la « résilience infrastructurelle ». Le plan de reconstruction 2026 ne vise pas seulement à rebâtir à l’identique, mais à construire des ponts et des bâtiments aux normes paracycloniques extrêmes. Le financement, estimé à plusieurs milliards de dollars, nécessite l’implication de la Banque Mondiale, de la BAD et, surtout, de la coopération régionale avec l’Île Maurice et La Réunion, qui fournissent déjà une aide logistique et technique cruciale.

La sécurité alimentaire : L’autre bataille
Au-delà des pierres, c’est la survie de millions de paysans qui est en jeu. Les rizières du centre et de l’est ont été submergées par le sel et le limon. Sans une aide massive en semences et en engrais avant la prochaine saison, le pays risque une famine de grande ampleur. La COI propose la création d’une « réserve alimentaire régionale » pour stabiliser les stocks de riz dans la zone Océan Indien, une initiative qu’AFRICANOVA.INFO juge essentielle pour la stabilité politique de la région.
Conclusion : Madagascar, sentinelle du climat
Le cas malgache est un avertissement pour le monde entier. En 2026, la question n’est plus de savoir si une catastrophe aura lieu, mais comment une nation peut se relever après un choc climatique majeur. La reconstruction de Madagascar sera le test ultime de la solidarité africaine et internationale. Si la Grande Île échoue à se reconstruire de manière durable, c’est toute la zone de l’Océan Indien qui subira les vagues migratoires et l’instabilité économique résultant de ce désastre environnemental.

