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Transition politique au Gabon et en Guinée : L’heure de vérité pour les juntes militaires

par Africanova
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L’année 2025 s’annonce décisive pour le Gabon et la Guinée, deux pays africains actuellement sous régime de transition militaire. Les promesses de retour à l’ordre constitutionnel seront mises à l’épreuve, dans un contexte de pression internationale croissante et d’attentes fortes des populations locales.

Gabon : Le défi d’une transition rapide et crédible

Au Gabon, la junte militaire dirigée par le général Brice Oligui Nguema, qui a renversé le président Ali Bongo en août 2023, fait face à un défi de taille : organiser une transition démocratique crédible dans un délai relativement court.

Le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) s’est engagé à organiser des élections libres et transparentes avant la fin de l’année 2025. Cependant, plusieurs obstacles se dressent sur le chemin de cette transition :

  1. La réforme du système électoral : La mise en place d’un nouveau cadre électoral, garantissant l’équité et la transparence, est une priorité absolue.
  2. La restructuration des institutions : Le CTRI doit réformer les institutions étatiques, longtemps accusées de servir les intérêts du clan Bongo.
  3. La gestion des tensions sociales : Les attentes de la population en termes de changement et d’amélioration des conditions de vie sont élevées et pourraient générer des frustrations si elles ne sont pas rapidement satisfaites1.

Guinée : Les défis d’une transition prolongée

En Guinée, la situation est plus complexe. Le colonel Mamadi Doumbouya, qui a pris le pouvoir en septembre 2021, a initialement promis une transition de 24 mois. Cependant, en 2023, il a annoncé que 2025 serait « une année électorale cruciale pour parachever le retour à l’ordre constitutionnel », sans donner de date précise.

Cette prolongation de la transition soulève plusieurs questions :

  1. La crédibilité du processus : Le report de la fin de la transition alimente les doutes sur la volonté réelle de la junte de céder le pouvoir.
  2. Les réformes institutionnelles : Le temps supplémentaire est-il réellement mis à profit pour mettre en place des réformes durables ?
  3. La pression internationale : La CEDEAO et l’Union africaine maintiennent une pression constante pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel1.

Enjeux communs et spécificités

Bien que les situations au Gabon et en Guinée présentent des différences notables, notamment en termes de durée de la transition et de contexte politique préexistant, elles partagent des enjeux communs :

  1. La légitimité des autorités de transition : Les juntes doivent constamment justifier leur maintien au pouvoir face aux critiques internes et externes.
  2. La réforme du système politique : Dans les deux pays, il s’agit de rompre avec des décennies de pratiques autoritaires et clientélistes.
  3. La gestion des ressources naturelles : Tant le Gabon que la Guinée sont riches en ressources naturelles, et la transparence dans leur gestion est un enjeu majeur de la transition.
  4. L’implication de la société civile : Le succès des transitions dépendra en grande partie de la capacité des autorités à inclure la société civile dans le processus de réforme1.

Le rôle de la communauté internationale

La communauté internationale, en particulier les organisations régionales africaines, joue un rôle crucial dans ces processus de transition. La CEDEAO pour la Guinée et la CEEAC pour le Gabon sont en première ligne pour accompagner et surveiller ces transitions.

L’Union européenne et les États-Unis, de leur côté, conditionnent leur aide économique et leur soutien diplomatique à des progrès tangibles vers la démocratie. Cette pression internationale est un levier important pour inciter les juntes à respecter leurs engagements1.

Conclusion : 2025, année test pour la démocratie en Afrique centrale et de l’Ouest

L’année 2025 s’annonce comme un moment charnière pour le Gabon et la Guinée, mais aussi pour toute l’Afrique centrale et de l’Ouest. Le succès ou l’échec de ces transitions aura des répercussions bien au-delà des frontières de ces deux pays.

Une transition réussie pourrait servir de modèle et renforcer la dynamique démocratique dans la région. À l’inverse, un échec risquerait d’encourager d’autres interventions militaires et de fragiliser davantage les institutions démocratiques sur le continent.

L’année 2025 sera donc décisive pour déterminer si ces transitions militaires peuvent effectivement ouvrir la voie à une gouvernance plus démocratique et inclusive, ou si elles ne sont qu’une parenthèse dans la longue histoire des régimes autoritaires en Afrique.

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