Alors que la Guinée s’enfonce dans une transition prolongée, la Guinée-Bissau fait face à ses propres défis électoraux, révélant les limites de la diplomatie ouest-africaine. La mission de la CEDEAO en Guinée-Bissau, déployée en février 2025 pour faciliter un consensus sur les élections de 2025, a été expulsée après des menaces du président Umaro Sissoco Embalo, illustrant les tensions entre les acteurs locaux et les médiateurs régionaux28.
Guinée-Bissau : un projet d’accord électoral sous tension
La CEDEAO a proposé une feuille de route pour des élections législatives et présidentielles en 2025, mais son approche est critiquée :
- Menaces d’expulsion : Le président Embalo a forcé le départ précipité des médiateurs, refusant toute ingérence perçue comme une atteinte à sa souveraineté28.
- Fragmentation politique : Les partis d’opposition rejettent le projet de la CEDEAO, jugé favorable au pouvoir en place. La société civile dénonce un manque de transparence dans la révision du fichier électoral28.
- Instabilité chronique : Le pays, habitué aux coups d’État et aux crises institutionnelles, peine à stabiliser son processus démocratique. Les élections de 2025 risquent d’exacerber les clivages ethniques et militaires28.

Implications pour la Guinée : un précédent inquiétant
L’échec de la médiation en Guinée-Bissau affaiblit la crédibilité de la CEDEAO dans la gestion de la transition guinéenne :
- Legs des coups d’État : Les succès électoraux des juntes au Mali, au Burkina Faso et au Niger incitent la Guinée à résister aux pressions régionales78.
- Double standard : La CEDEAO est accusée de laxisme envers Conakry, alors qu’elle impose des sanctions plus fermes à d’autres États en crise. Cette incohérence nourrit le cynisme des acteurs politiques locaux48.
- Risque de contagion : Une transition prolongée en Guinée pourrait inspirer d’autres dirigeants à manipuler les processus électoraux pour conserver le pouvoir78.